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La Roue de l’année : vivre au rythme des saisons

Photo du rédacteur: Cynthia Train
Cynthia Train
15 janv. 2024
9 min de lecture

Dernière mise à jour : 22 août



Illustration des 4 saisons

Depuis quelques années, je ressens de plus en plus l’influence des saisons sur ma vie.

J’ai commencé par observer ce qui se passait autour de moi : les arbres qui se dépouillent, la lumière qui décline, les premières pousses qui apparaissent et la nature qui explose de vie avant de revenir doucement au repos.

Peu à peu, j’ai compris que ces mouvements existaient aussi en moi.

Il y a des périodes pour semer, d’autres pour créer, s’élancer et rayonner. Puis viennent les moments où nous avons besoin de récolter, de faire le tri, de ralentir ou simplement de nous reposer.

Depuis que j’accepte davantage ces changements, il m’est plus facile de suivre le mouvement des saisons au lieu de lutter contre lui.

Enfin… la plupart du temps. Je reste humaine : il m’arrive encore de vouloir fleurir en plein mois de janvier alors que mon corps réclame surtout un plaid et une soupe bien chaude.


« Chaque saison a quelque chose à nous apprendre.

À nous de l’écouter, de la traverser et de l’accueillir. »



Qu’est-ce que la Roue de l’année ?

La Roue de l’année est un calendrier cyclique utilisé dans plusieurs traditions païennes et néopaïennes contemporaines.

Elle est généralement composée de huit célébrations saisonnières, souvent appelées sabbats. Quatre correspondent aux solstices et aux équinoxes. Les quatre autres se situent approximativement à mi-chemin entre ces grands passages astronomiques.

Roue de l’année présentant Yule, Imbolc, Ostara, Beltane, Litha, Lughnasadh, Mabon et Samhain


La Roue rassemble ainsi :

  • Yule, autour du solstice d’hiver ;

  • Imbolc, au début du mois de février ;

  • Ostara, autour de l’équinoxe de printemps ;

  • Beltane, au début du mois de mai ;

  • Litha, autour du solstice d’été ;

  • Lughnasadh, au début du mois d’août ;

  • Mabon, autour de l’équinoxe d’automne ;

  • Samhain, du 31 octobre au 1er novembre.



La Roue de l’année, telle que nous la connaissons aujourd’hui avec ses huit fêtes réunies dans un même calendrier, est une construction païenne moderne.

Ses célébrations puisent néanmoins leurs inspirations dans différentes fêtes saisonnières, traditions agricoles, coutumes populaires et observations de la nature. Certaines fêtes, comme Samhain, Imbolc, Beltane et Lughnasadh, possèdent notamment des racines documentées dans les cultures gaéliques.

Cette distinction est importante : il n’existait pas, dans l’Antiquité, une unique religion « celtique » célébrant exactement ces huit sabbats sous leurs noms actuels. Mais une tradition moderne peut parfaitement être porteuse de sens, de beauté et de profondeur.

L’historien Ronald Hutton décrit la Roue de l’année comme un calendrier rituel du paganisme moderne réunissant les quatre grands passages solaires et quatre fêtes saisonnières issues principalement des cultures britanniques et irlandaises. Tu peux consulter son étude sur les fêtes païennes modernes.


Observer les cycles terrestres et célestes

La Roue de l’année nous invite à observer la course apparente du Soleil, la durée des jours et les transformations du monde vivant.

Les saisons ne sont pas principalement provoquées par la distance qui sépare la Terre du Soleil. Elles résultent surtout de l’inclinaison de l’axe terrestre.

La Terre est même actuellement au plus près du Soleil au début du mois de janvier, pendant l’hiver dans l’hémisphère Nord, et au plus loin au début du mois de juillet.

Selon l’Institut de mécanique céleste et de calcul des éphémérides, l’inclinaison de l’axe terrestre est à l’origine des variations de la durée des jours et des nuits ainsi que de l’alternance des saisons.


Les solstices

Les solstices correspondent aux deux extrêmes de la lumière dans l’année.

Au solstice d’hiver, autour du 21 décembre dans l’hémisphère Nord, la nuit atteint sa durée maximale et le jour sa durée minimale.

Au solstice d’été, autour du 21 juin, c’est l’inverse : nous traversons le jour le plus long et la nuit la plus courte.


Les équinoxes

Les équinoxes ont lieu autour du 20 mars et du 22 ou 23 septembre.

Lors de ces passages, le jour et la nuit retrouvent un équilibre presque parfait. Si l’on ne tient pas compte de certains phénomènes comme la réfraction atmosphérique, leur durée est égale.

Ces quatre moments astronomiques forment l’ossature solaire de la Roue.

Entre eux se trouvent quatre autres passages saisonniers : Imbolc, Beltane, Lughnasadh et Samhain.

La Roue ne cesse jamais de tourner. Chaque apogée porte déjà en elle un déclin, et chaque période d’obscurité prépare silencieusement le retour de la lumière.


« Rien ne reste immobile dans le jardin du vivant. Chaque fin prépare une nouvelle pousse. »

Les huit célébrations de la Roue de l’année

Les dates données ici sont approximatives et concernent l’hémisphère Nord. Elles peuvent varier légèrement selon les années, les lieux et les traditions.


Yule — autour du 21 décembre

Le repos et le retour de la lumière

Yule accompagne le solstice d’hiver et la nuit la plus longue de l’année.

La nature semble endormie, mais à partir du solstice, les jours commencent progressivement à s’allonger. Sous la terre, la vie est toujours présente, même si nous ne la voyons pas encore.

Yule nous parle de repos, d’espoir et de lumière intérieure. C’est le temps du foyer, du silence et des intentions qui commencent à germer sous la surface.

Dans mon jardin intérieur, Yule est le moment où je ne force rien. Je protège simplement les graines encore invisibles.


Imbolc — autour du 1er février

Les premiers signes du réveil

Imbolc annonce les premiers frémissements du printemps, même si l’hiver est encore bien installé.

Cette ancienne fête gaélique est notamment associée à Brigid, à la purification, au feu du foyer et au retour progressif de la vie. Son nom apparaît dans les anciennes divisions saisonnières irlandaises comme le début du printemps et la période de la lactation des brebis.

C’est le moment de nettoyer, de préparer et de choisir les graines que nous souhaitons bientôt semer.

Dans mon jardin intérieur, Imbolc est la première envie de sortir mes outils… même si la terre me regarde encore en murmurant : « Doucement, Cynthia. »


Ostara — autour du 20 mars

L’équilibre et le nouvel élan

À l’équinoxe de printemps, le jour et la nuit retrouvent un équilibre presque parfait. La lumière poursuit ensuite sa progression.

Ostara est un nom utilisé dans certaines traditions païennes modernes pour célébrer ce passage.

La nature s’éveille, les bourgeons apparaissent et les projets commencent à demander du mouvement. C’est une période propice pour passer doucement de l’intention à l’action.

Dans mon jardin intérieur, les premières graines sont confiées à la terre.


Beltane — autour du 1er mai

La vitalité, le feu et la joie

Beltane est une fête gaélique marquant traditionnellement l’entrée dans la saison claire.

Des sources médiévales irlandaises évoquent notamment des feux entre lesquels le bétail était conduit dans une intention de protection. Beltane est aujourd’hui associée à la vitalité, à la fécondité, au désir, à la créativité et à la joie.

La nature ne chuchote plus : elle chante à pleins poumons.

Dans mon jardin intérieur, Beltane m’invite à prendre soin de ce qui me fait vibrer et à laisser davantage de place au plaisir d’être vivante.


Litha — autour du 21 juin

La puissance de la lumière

Au solstice d’été, la durée du jour atteint son maximum dans l’hémisphère Nord.

La nature est abondante et l’énergie solaire semble à son apogée. Litha est un nom employé dans certaines traditions païennes contemporaines pour célébrer cette période.

Mais ce sommet contient déjà un changement : après le solstice, les jours commencent très doucement à raccourcir.

Dans mon jardin intérieur, Litha est le moment d’admirer ce qui fleurit, de célébrer et de recevoir pleinement la lumière.

Prairie fleurie éclairée par le Soleil au moment du solstice d’été
À Litha, la lumière atteint son apogée et la nature se déploie pleinement.

Lughnasadh — autour du 1er août

Les premières récoltes

Lughnasadh est une fête gaélique liée au début de la saison des récoltes.

Des sources irlandaises anciennes l’associent à des rassemblements, des jeux, des marchés et des célébrations en l’honneur de Lugh. Les formes historiques de la fête sont nombreuses et ne correspondent pas nécessairement aux rituels néopaïens actuels.

Après avoir semé, cultivé et patienté, vient le moment d’observer ce qui a grandi.

Tout n’a peut-être pas poussé comme nous l’espérions. Mais quelque chose a forcément été appris, transformé ou récolté.

Dans mon jardin intérieur, Lughnasadh me demande : qu’ai-je déjà accompli et qu’est-ce qui mérite ma gratitude ?



Mabon — autour du 22 septembre

L’équilibre et la gratitude

À l’équinoxe d’automne, le jour et la nuit retrouvent un nouvel équilibre avant que l’obscurité ne prenne progressivement davantage de place.

Mabon est le nom moderne donné à cette célébration dans plusieurs traditions néopaïennes. Ce terme n’était pas celui d’une ancienne fête celtique de l’équinoxe, même si les célébrations des récoltes automnales sont beaucoup plus anciennes.

C’est le moment de reconnaître ce que nous avons reçu, de remercier et de commencer à revenir vers notre monde intérieur.

Dans mon jardin intérieur, Mabon est le temps des paniers remplis, du bilan et du partage.


Samhain — du 31 octobre au 1er novembre

La fin d’un cycle

Samhain est une ancienne fête gaélique qui marquait l’entrée dans la partie sombre de l’année.

Samhain nous invite à honorer ce qui s’achève avant d’accueillir un nouveau cycle.
Samhain nous invite à honorer ce qui s’achève avant d’accueillir un nouveau cycle.

Dans les pratiques contemporaines, elle est souvent associée aux ancêtres, à la mémoire, aux fins de cycle et aux passages.

C’est un moment pour honorer ce qui a existé, laisser partir ce qui doit l’être et faire de la place avant un nouveau commencement.

Samhain ferme symboliquement une partie de la Roue, mais celle-ci ne s’arrête jamais. Après la descente dans l’obscurité viendra à nouveau le retour de la lumière.

Dans mon jardin intérieur, Samhain est le moment de retirer ce qui est fané et de rendre à la terre ce dont je n’ai plus besoin.

Des recherches universitaires consacrées aux calendriers médiévaux britanniques et irlandais attestent notamment Samhain, Imbolc, Beltane et Lughnasadh comme des passages saisonniers, tout en montrant que leurs significations et leurs pratiques ont évolué au fil du temps (recherche universitaire de l’UCL).




Ma jardinière intérieure

J’aime imaginer que je suis la jardinière de mon monde intérieur.

Pas le pot de fleurs qui attend sagement que quelqu’un vienne l’arroser. Non : la jardinière !

Celle qui observe sa terre, retrousse ses manches, sème, arrose, désherbe, patiente et récolte.

À l’intérieur de moi, je cultive des projets, de l’amour, du travail, de la joie et de l’abondance… avec peut-être quelques betteraves et trois rangées de radis, parce qu’il faut tout de même garder les pieds sur terre.

En hiver, je prends le temps d’observer mon jardin intérieur. Je réfléchis à ce que j’ai envie de faire grandir et à la manière dont je vais préparer le terrain.

Au printemps, je commence à semer et à agir.

En été, je nourris ce qui pousse et j’essaie de profiter de ce qui fleurit.

À l’automne, je récolte, je remercie et je fais le tri.

Puis vient à nouveau le repos.

Suivre la Roue de l’année ne signifie pas que tout doit être parfaitement organisé. Certaines graines ne germent pas. Certains projets demandent plus de temps. Et il arrive qu’une limace cosmique vienne grignoter nos plus belles intentions pendant la nuit.

Mais nous pouvons toujours observer, apprendre et recommencer.

Cynthia observant la nature et cultivant son jardin intérieur au fil des saisons
Cultiver mon jardin intérieur, saison après saison.

Une Roue qui s’adapte à ta vie

Je ne sais pas tout.

J’ai lu, exploré et expérimenté beaucoup de choses autour des saisons et des pratiques cycliques, mais je continue d’apprendre.

D’une tradition à une autre, les noms, les dates, les symboles et les rituels peuvent changer. Ce qui est juste pour moi ne le sera pas nécessairement pour toi.

Tu n’as aucune obligation de célébrer les huit fêtes, de posséder un autel parfait ou de réaliser des rituels compliqués.

Et rassure-toi : aucun sacrifice de poulet n’est nécessaire. Le poulet te remercie, même s’il te juge peut-être un peu depuis le fond du jardin. 🐔

Tu peux simplement :

  • observer la lumière du jour ;

  • cuisiner avec des aliments de saison ;

  • marcher dans la nature ;

  • décorer ton foyer ;

  • noter tes ressentis ;

  • créer quelque chose de tes mains ;

  • remercier pour ce qui est présent ;

  • prendre le repos dont tu as besoin.

L’essentiel n’est pas de suivre chaque étape à la perfection. Il s’agit plutôt de trouver une manière personnelle, sincère et respectueuse de te relier au monde vivant.

Tu peux aussi adapter la Roue à ton climat et à l’endroit où tu habites. Les saisons ne se manifestent pas de la même manière partout, et elles sont inversées dans l’hémisphère Sud.

La nature réelle qui t’entoure reste toujours un meilleur guide qu’un calendrier suivi mécaniquement.


Parcourir la Roue avec moi

Au fil de ce blog, je te présenterai les différentes célébrations de la Roue de l’année : leurs histoires, leurs symboles et ma manière personnelle de les accueillir.

Je partagerai avec toi des rituels simples, des recettes, des réflexions et les créations qu’elles m’inspirent dans mon atelier.

Tu peux aussi découvrir ma carte illustrée de la Roue de l’année. Je l’ai imaginée comme un support pour suivre les saisons et te rappeler que chaque période possède sa propre magie.


Carte roue de l'Année
Découvrir la carte

Et toi, quelle saison traverses-tu en ce moment ?

Celle où tu sèmes ? Celle où tu rayonnes ? Celle où tu récoltes ? Ou celle où tu as simplement besoin de te reposer ?

Bisous,

Cynthia, ta sorcière bien née… mais toujours un peu fêlée !



Sources pour aller plus loin

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