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Mabon et l’équinoxe d’automne

Photo du rédacteur: Cynthia Train
Cynthia Train
14 sept. 2025
9 min de lecture

Dernière mise à jour : 30 août

L’automne possède une manière bien particulière de nous parler.

La lumière se fait plus douce, les matins deviennent plus frais et les arbres commencent lentement à se dépouiller. Dans les jardins, les paniers se remplissent une dernière fois avant le repos de l’hiver.

À cette période, j’aime regarder ce qui a grandi autour de moi… et en moi.

Tout n’a pas forcément poussé comme je l’avais imaginé. Certaines graines ont fleuri, d’autres ont demandé plus de temps et quelques projets ont probablement été grignotés par une limace cosmique particulièrement ambitieuse.

Mais l’automne ne me demande pas de juger ma récolte. Il m’invite plutôt à la regarder avec honnêteté, à remercier pour ce qui est là et à relâcher ce que je n’ai plus besoin de porter.

C’est dans cet esprit que j’accueille Mabon et l’équinoxe d’automne.


« À l’automne, je regarde ce que la vie a déposé dans mon panier.

Je remercie, je trie et je garde de la place pour l’essentiel. »


Qu’est-ce que Mabon ?

Aujourd’hui, le nom Mabon est utilisé dans plusieurs traditions païennes et néopaïennes pour désigner la célébration de l’équinoxe d’automne.

Contrairement à une idée répandue, il ne s’agit pas du nom attesté d’une ancienne fête celtique de l’équinoxe. Cette appellation a été introduite au XXe siècle dans le développement de la Roue de l’année moderne.

Le nom fait référence à Mabon ap Modron, personnage de la littérature galloise, mais son association directe avec l’équinoxe d’automne est contemporaine.

Cela ne signifie pas que les récoltes automnales n’étaient pas célébrées autrefois. De nombreuses sociétés agricoles ont naturellement marqué la fin des récoltes par des repas, des offrandes, des marchés ou des rassemblements. Cependant, leurs pratiques, leurs calendriers et leurs significations variaient considérablement.

L’historien Ronald Hutton replace cette célébration dans l’histoire du calendrier païen moderne dans son étude « Modern Pagan Festivals ».

Mabon est donc une tradition moderne inspirée de thèmes bien plus anciens : les récoltes, la gratitude, le partage et le passage vers la saison sombre.


Mabon et l’équinoxe d’automne

Dans l’hémisphère Nord, l’équinoxe d’automne se produit généralement le 22 ou le 23 septembre.

À cet instant astronomique, le Soleil traverse le plan de l’équateur terrestre. Si l’on ne tient pas compte de phénomènes comme la réfraction atmosphérique, le jour et la nuit possèdent une durée égale.

Dans notre expérience quotidienne, nous pouvons simplement parler d’un équilibre presque parfait entre la lumière et l’obscurité.

Après l’équinoxe, les nuits deviennent progressivement plus longues que les jours, jusqu’au solstice d’hiver.

L’Institut de mécanique céleste et de calcul des éphémérides explique précisément le rôle des équinoxes et de l’inclinaison de la Terre dans l’alternance des saisons.

Pour moi, cet équilibre ne signifie pas que tout doit être parfaitement stable. Il me rappelle plutôt que la lumière et l’ombre peuvent coexister.

Je peux être reconnaissante pour ce qui a grandi tout en ressentant de la fatigue. Je peux célébrer mes réussites tout en reconnaissant mes déceptions. Je peux aimer l’abondance de l’automne et avoir besoin de revenir doucement vers le silence.

Paysage automnal au moment de l’équinoxe d’automne

Le souffle de Mabon


Les feuilles dansent au vent d’automne,

Les champs s’offrent en dernier don.

Entre lumière et ombre qui s’égalisent,

Le cœur ralentit et l’âme s’apaise.

Mabon chuchote : « Remercie, relâche, accueille »,

Dépose doucement le poids des vieilles feuilles.

La Roue poursuit son mouvement,

Et l’hiver approche silencieusement.


« Mabon nous rappelle que l’équilibre ne consiste pas à effacer l’ombre, mais à lui faire une place auprès de la lumière. »



Comment célébrer Mabon simplement ?


Tu n’as pas besoin d’un grand rituel ni d’un autel parfaitement assorti aux couleurs de l’automne.

Tu peux célébrer cette période en préparant un repas de saison, en marchant dans la nature, en partageant une tarte, en observant ce que tu as accompli ou en prenant simplement le temps de remercier.

Tu peux notamment :

  • allumer une bougie orange, rouge ou dorée ;

  • décorer ton foyer avec des feuilles, des pommes ou des glands ;

  • cuisiner avec des aliments de saison ;

  • noter tes gratitudes ;

  • partager une partie de ta récolte ou de ton repas ;

  • faire le bilan des mois écoulés ;

  • identifier ce que tu souhaites laisser derrière toi ;

  • t’accorder davantage de repos.

L’important n’est pas de reproduire une tradition supposée parfaite. Il s’agit de créer un moment sincère qui correspond à ta vie.


Le rituel du panier d’automne

Pour ce rituel, prépare :

rituel d'automne
  • un petit panier ou un bol ;

  • deux morceaux de papier ;

  • un stylo ;

  • une pomme, une feuille ou un autre symbole de saison ;

  • éventuellement une bougie posée sur un support sécurisé.

Sur le premier papier, écris ce que tu as récolté depuis le début de l’année :

  • une rencontre ;

  • un apprentissage ;

  • un projet ;

  • une victoire ;

  • une prise de conscience ;

  • un moment qui t’a fait grandir.


Dépose ce papier dans ton panier et remercie-toi pour le chemin parcouru.

Sur le second, note ce que tu ne souhaites plus emporter vers l’hiver : une attente, une habitude, une pression ou une peur devenue trop lourde.

Tu peux ensuite déchirer ce papier et le recycler. S’il ne contient que du papier non traité et de l’encre adaptée, tu peux aussi le composter.

Si tu préfères le brûler, fais-le uniquement dans un récipient ignifugé, dans un endroit dégagé, avec de l’eau à proximité et sans jamais laisser la flamme sans surveillance.

Termine en prononçant :

« Je remercie pour ce qui a grandi.

Je relâche ce qui alourdit mon panier.

J’accueille la saison qui vient avec douceur. »


Créer un mandala d'automne

Lors d’une promenade, récolte uniquement ce que la nature a déjà laissé tomber :

Mandala d’automne composé de feuilles et de champignons
  • des feuilles colorées ;

  • des glands ;

  • des pommes de pin ;

  • des châtaignes ;

  • de petites branches ;

  • quelques fleurs fanées ;

  • des herbes ou des épis séchés.

Évite de cueillir des plantes protégées ou d’arracher des végétaux encore vivants. Ne manipule pas les baies que tu ne connais pas et surveille les jeunes enfants.

Sur place ou de retour chez toi, dispose tes trouvailles en forme de cercle. Commence par un élément central, puis laisse les formes se déployer autour de lui.

Tu peux associer chaque cercle à quelque chose que tu souhaites honorer : ton foyer, tes proches, ton travail, ta santé, tes créations ou la nature qui t’entoure.

Si tu réalises ton mandala dehors, laisse-le se transformer naturellement. Il retournera peu à peu à la terre, nous rappelant que même les choses les plus belles ne sont pas faites pour rester immobiles.


Ma tourte aux pommes de Mabon

À l’automne, la pomme devient l’une des grandes vedettes de ma cuisine.

Dorée, parfumée de cannelle et encore tiède, cette tourte rassemble tout ce que j’aime dans cette saison : la simplicité, la générosité et le plaisir de partager.

Et si une petite cuillère de caramel au beurre salé se glisse à côté, je considère personnellement que les esprits de l’automne ont donné leur bénédiction.

Tourte aux pommes maison préparée pour Mabon

Ingrédients :

2 pâtes brisées ;

Préchauffe ton four à 180 °C.

Épluche les pommes et coupe-les en morceaux.

Fais-les revenir doucement dans une poêle avec le miel et la cannelle, jusqu’à ce qu’elles deviennent fondantes et légèrement caramélisées.

Dispose la première pâte dans un moule et pique le fond avec une fourchette.

Étale une couche de compote, puis répartis les pommes.

Recouvre avec la seconde pâte et soude délicatement les bords.

Tu peux décorer le dessus avec des feuilles, des pommes ou des glands découpés dans les chutes de pâte. Pense à créer une petite ouverture au centre pour permettre à la vapeur de s’échapper.

Mélange le jaune d’œuf avec quelques gouttes d’eau, puis dore la surface.

Enfourne pendant environ 35 à 40 minutes, jusqu’à ce que la tourte soit bien dorée.

Laisse-la tiédir avant de la partager.


« Chaque recette transmise, préparée et partagée devient aussi une forme de récolte. »


Les symboles que j’associe à Mabon

Les correspondances présentées ici appartiennent principalement aux pratiques spirituelles contemporaines et à ma manière personnelle de célébrer l’automne. Elles ne constituent pas une liste historique universelle.


La pomme, fruit de connaissance et d’abondance

La pomme est récoltée à la fin de l’été et en automne. Elle évoque naturellement la nourriture, le partage et l’abondance.

Elle occupe également une place importante dans différentes mythologies et traditions européennes, où elle peut être associée à la connaissance, à l’amour, à la jeunesse ou à l’immortalité.

Lorsqu’elle est coupée horizontalement, ses pépins forment une étoile à cinq branches. Dans certaines interprétations spirituelles modernes, cette forme est rapprochée du pentacle et des cinq éléments.

Cette correspondance n’est pas une preuve que toutes les anciennes cultures considéraient la pomme comme un symbole de Mabon. C’est une lecture symbolique contemporaine, mais je la trouve particulièrement belle.


La citrine, une lumière dans l’automne

Citrine dorée associée symboliquement à la lumière de l’automne

Avec ses nuances jaunes et dorées, la citrine rappelle la lumière solaire qui décline sans disparaître complètement.

En lithothérapie, elle est traditionnellement associée :

  • à la joie ;

  • à la confiance ;

  • à la créativité ;

  • à la gratitude ;

  • à l’abondance.

Tu peux la porter en bijou ou la tenir pendant un moment de gratitude. Elle devient alors un rappel symbolique de ce que tu souhaites nourrir.

Les propriétés attribuées aux pierres relèvent de traditions de lithothérapie. Elles ne sont pas scientifiquement démontrées et ne remplacent jamais un avis médical ou un traitement.


Septembre marque aussi la rentrée, avec ses nouveaux élans… et parfois son petit tourbillon. Si tu souhaites découvrir d’autres pierres pour accompagner symboliquement cette période, je t’invite à lire mon article consacré aux pierres de la rentrée.


La Morrigan et le courage de traverser l’ombre

la morirgan

Dans les récits mythologiques irlandais, la Morrigan est une figure complexe associée notamment à la guerre, à la souveraineté, au destin et à la prophétie. Elle peut apparaître seule ou sous plusieurs formes et possède un lien particulier avec la corneille ou le corbeau.

Les sources anciennes ne la présentent pas comme une déesse de Mabon. Son association avec l’équinoxe d’automne relève donc d’une interprétation spirituelle contemporaine.

Personnellement, j’aime néanmoins penser à elle lorsque la Roue bascule vers la saison sombre. Elle m’évoque le courage de regarder ce qui change, de ne pas fuir nos ombres et d’avancer à travers les transformations.

Je ne cherche pas à « l’invoquer » comme si quelques plumes et une bougie suffisaient à résumer une divinité aussi complexe. Je préfère accueillir ce que son histoire vient questionner en moi :

  • Où ai-je besoin de retrouver ma souveraineté ?

  • Quel changement suis-je prête à regarder en face ?

  • Quelle force ai-je oubliée en chemin ?


Les couleurs de Mabon

J’associe Mabon aux couleurs que la nature déploie à l’automne :

  • le rouge pour la vitalité et la transformation ;

  • l’orange pour la créativité et la chaleur ;

  • le doré pour la lumière et la gratitude ;

  • le brun pour la terre et l’ancrage ;

  • le vert sombre pour la vie qui persiste.

Tu peux les retrouver dans tes vêtements, tes bougies, tes décorations ou tes créations.

Mais fais-toi confiance : une couleur possède surtout le sens que ton histoire lui donne.



Mabon dans la Roue de l’année

Dans la Roue de l’année moderne, Mabon se situe entre Lughnasadh, le temps des premières récoltes, et Samhain, qui marque l’entrée dans la saison sombre.

Mabon représente ainsi une période de transition : nous récoltons encore, mais nous sentons déjà la nature ralentir.

Le mythe grec de Déméter et Perséphone peut également entrer en résonance avec ce passage. Dans l’Hymne homérique à Déméter, la séparation entre la mère et la fille est reliée à la stérilité puis au retour de la végétation. Ce récit ne constitue pas une origine historique de Mabon, mais il offre une puissante image des cycles de perte, de descente et de renaissance. Tu peux consulter une traduction de l’Hymne à Déméter.

Tu peux aussi découvrir mon article consacré à ce récit :


Accueillir l’automne à ta manière

Tu n’as pas besoin de ressentir de la gratitude à chaque instant ni de transformer toutes tes difficultés en leçons lumineuses.

Parfois, la récolte est généreuse. Parfois, le panier semble presque vide. Et parfois, nous découvrons que nous avons cultivé quelque chose de différent de ce que nous avions prévu.

Mabon m’invite à regarder tout cela avec honnêteté et douceur.

Je peux remercier pour ce qui est présent sans nier ce qui a été difficile. Je peux laisser tomber certaines feuilles sans renier l’arbre que j’ai été.

En cet équinoxe d’automne, je te souhaite de reconnaître le chemin parcouru, de savourer ce qui mérite de l’être et de déposer ce qui devient trop lourd.


Que ton panier conserve l’essentiel, que ton foyer reste chaleureux et que la saison qui vient t’offre le repos dont tu as besoin.

Joyeux Mabon


Bisous,

Cynthia — les mains dans les fils et quelques feuilles dans les cheveux 🍂



Sources pour aller plus loin



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